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Nous prenons acte de la publication de l’appel à projets « Open Air 2026 » par la Ville de Bruxelles.

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1. Introduction et contexte

Nous, soussignés Piknik Elektronik, prenons acte de la publication de l’appel à projets

« Open Air 2026 » par la Ville de Bruxelles. Tout en soutenant les objectifs affichés de

régulation, d’équilibre urbain et de soutien à la scène locale, nous sommes contraints de

vous alerter sur deux anomalies graves qui compromettent l’équité, la transparence et la

légalité de la procédure :

1. 2. La présence d’un conflit d’intérêts manifeste au sein du jury de sélection.

Une incohérence de traitement qui marginalise les acteurs historiques et éprouvés

de la scène culturelle bruxelloise, au détriment des objectifs de qualité et de

sécurité poursuivis par l’appel.

Ce document a pour but d’exposer ces problèmes de manière factuelle et de demander

les correctifs nécessaires avant toute sélection définitive.

2. Premier problème : Le conflit d’intérêts structurel du jury

Le chapitre 8 de l’appel à projets stipule que le jury est composé de : « Brussels By Night,

Service Tranquillité Publique et Evénements de la Ville de Bruxelles, Service de la Culture,

Brussels Major Events ».

Constat : « Brussels By Night » (BBN) est, selon sa propre communication et son activité

reconnue, un acteur commercial majeur de l’événementiel bruxellois, organisant et co-

organisant des événements musicaux et festifs. Il est donc un concurrent direct des autres

candidats à cet appel à projets.

Problèmes juridiques et déontologiques soulevés :

• Violation du principe d’impartialité administrative : Un jury chargé d’allouer une

ressource publique rare (l’espace public) doit être composé de membres neutres et

indépendants. La présence d’un concurrent au sein de l’instance décisionnelle est

antinomique avec ce principe fondamental.

• Conflit d’intérêts matériel : BBN a un intérêt économique direct à ce que certains

projets (notamment ceux de concurrents potentiellement forts ou occupant des

créneaux similaires) ne soient pas retenus. Inversement, il pourrait être tenté de

favoriser des projets avec lesquels il entretient des liens.

• Atteinte à l’égalité de traitement : Les candidats sont en droit de concourir dans des

conditions d’égalité. L’idée qu’un de leurs concurrents puisse avoir accès à leurs

dossiers confidentiels (stratégie artistique, logistique, budget) et influencer leur

évaluation est inacceptable et sape la légitimité de toute la procédure.

• Absence de garde-fous : L’appel à projets ne mentionne aucune procédure de

déclaration d’intérêts, aucune règle d’abstention, ni aucune charte déontologique

encadrant les travaux du jury.

3. Deuxième problème : L’incohérence et l’iniquité du traitement des acteurs historiques

L’appel à projets vise à « soutenir la diversité de l’offre culturelle », « valoriser la scène

bruxelloise » et exige des candidats qu’ils démontrent une « capacité organisationnelle »

et une « expérience passée ».

Constat : Des acteurs comme Piknik Elektronik, précurseur et pilier de la culture open air

gratuit à Bruxelles depuis près de 20 ans, sont soumis au même régime que tout nouvel

entrant. Leur expertise unique, leur bilan en matière de sécurité, de gestion des nuisances

et leur contribution au tissu culturel local ne leur confèrent aucun avantage,

reconnaissance, ni rôle dans le processus.

Problèmes de cohérence et d’efficacité soulevés :

• Contradiction avec les objectifs de qualité et de sécurité : Ignorer l’expérience

accumulée va à l’encontre de la logique de « preuve de capacité » demandée. La

Ville se prive volontairement du savoir-faire le plus solide pour garantir des

événements sûrs et bien gérés.

• Dénaturation de l’esprit « scène locale » : Le cadre prétend soutenir les structures

locales, mais il met en concurrence directe des acteurs historiques, ayant construit

la scène, avec de nouveaux projets, sans distinction. Cela risque de déstabiliser un

écosystème culturel plutôt que de le renforcer.

• Double standard avec la composition du jury : Il est paradoxal qu’un acteur

commercial (BBN) ait une place au jury en tant qu'« expert », tandis que des

acteurs culturels à but non lucratif et d’intérêt public, ayant démontré leur valeur sur

le terrain pendant des décennies, n’aient aucune voix au chapitre.

Question officielle à la Ville :

Comment la Ville justifie-t-elle cette absence de distinction entre les candidats, qui ne

valorise pas l’expérience et le capital culturel bruxellois ? En quoi est-il cohérent de confier

un rôle décisionnel à un concurrent commercial tout en ignorant l’expertise des acteurs

culturels historiques de la ville ?

4. Demandes et propositions correctives

Avant toute sélection finale pour la saison 2026, et pour restaurer la confiance dans le

processus, nous demandons instamment à la Ville de :

1. Régulariser la composition du jury :

◦ Soit en retirant « Brussels By Night » de l’instance de sélection et en le

remplaçant par un collège d’experts indépendants (par exemple, des

représentants du secteur culturel associatif, des spécialistes en gestion

d’événements universitaires, ou des représentants de collectifs d’artistes).

◦ Soit en publiant immédiatement et en appliquant un protocole de déontologie

strict : obligation de déclaration d’intérêts pour chaque dossier, règles

d’abstention contraignantes, et publication des motivations des décisions du

jury.

2. Reconnaître et valoriser l’expertise historique :◦ Créer une catégorie distincte ou un statut de « partenaire reconnu » pour les

événements ayant un long bilan positif et intégrant les valeurs d’accessibilité,

de sécurité et de qualité. Cela pourrait se traduire par une procédure

accélérée ou une évaluation sur des critères renforcés reconnaissant leur

expérience.

◦ Intégrer des représentants de ces acteurs historiques et éprouvés dans un

comité consultatif chargé de réfléchir à la politique événementielle de la ville,

en amont des appels à projets.

3. Garantir la transparence totale :

◦ Publier le règlement intérieur et la charte déontologique du jury.

◦ Rendre publics, après la sélection, les critères détaillés d’évaluation ayant

conduit au choix des lauréats.

5. Conclusion

Nous restons des partenaires désireux de contribuer à une vie festive bruxelloise de

qualité, respectueuse des riverains et des valeurs de diversité. Cependant, le cadre actuel

de l’appel « Open Air 2026 » présente des failles qui, si elles ne sont pas corrigées,

jetteront une ombre durable sur la légitimité des événements sélectionnés et sur la volonté

de la Ville de mener une politique culturelle équitable et transparente.

Nous attendons vos réponses écrites et publiques aux questions soulevées dans ce

document, ainsi que la communication des mesures correctives qui seront prises.

Dans l’attente de votre retour, nous vous prions d’agréer, Messieurs, l’expression de nos

salutations distinguées.